• publié le 24 septembre 2019
Accueil de tous, accueil des plus fragiles

L’accueil de tous au sein des patronages et accueils de loisirs de la Facel, c’est aussi l’accueil possible des jeunes, enfants ou animateurs, en situation de handicap physique ou mental. De manière discrète mais régulière, cet accueil se fait ainsi au sein des associations du diocèse de Paris.

Il revient à chaque directeur d’accueillir au cas par cas un enfant ou d’accepter un jeune en tant qu’animateur. Il faut en effet être attentif au suivi et à la sécurité de tous et de chacun des enfants. Les accueils et patronages ne sont pas spécialisés et sans être formés spécifiquement, les animateurs doivent être en nombre suffisant : il est souvent nécessaire d’avoir un animateur dédié.

Une exigence des directeurs pour permettre un accueil réussi : les parents doivent impérativement  communiquer sur le type de handicap et la prise en charge à faire en cas de difficulté avec l’enfant. L’équipe d’animation sera ainsi informée et pourra  assurer un meilleur suivi et un meilleur accompagnement de l’enfant. Il pourra vivre en collectivité au plus près de ce que les autres enfants vivent.

L’objectif est de ne mettre ni le jeune en difficulté ni le groupe en danger.

Le bénéfice pour les enfants accueillis

Pauline*, une jeune fille de 12 ans porteuse d’un handicap physique et mental, a été accueillie tout au long de l’année dans un centre de loisirs. Il y a eu une découverte mutuelle entre elle et les animateurs et elle a pu prendre ses repères. Le directeur de la structure lui a donc proposé de partir en colo avec tout le groupe. Afin de faciliter son intégration pendant le séjour, elle sera dans une chambre avec des jeunes filles plus âgées et bienveillantes qui pourront l’accompagner tout au long du camp. Pauline demande une attention un peu plus grande de la part des animateurs qui le font bien volontiers d’autant plus qu’une des joies de Pauline est de découvrir qu’elle peut vivre comme et avec les autres enfants.

Antoine* scolarisé en IME (institut médico éducatif) est arrivé à 8 ans au centre de loisirs et a participé à de nombreuses activités.
Sa maman témoigne : « La directrice n’a pas hésité à le recevoir en l’acceptant tel qu’il était, l’emmenant aux séjours de vacances et l’inscrivant aux divers ateliers. Il a maintenant 19 ans, et sait nourrir de vraies amitiés en rendant aux autres ce qui lui a été donné à la Maison Daubigny». Il a également pu intégrer un parcours scolaire quasi normal.

Le bénéfice pour l’entourage

Dans la majorité des cas, il ressort une grande joie et un bénéfice pour tous d’accueillir des personnes différentes. Il y a un enrichissement mutuel. Les jeunes prennent en charge les plus fragiles et se relaient pour les accompagner tout au long de la journée ou du séjour. Ils sont bienveillants et attentifs.

Augustin, animateur, témoigne : « C’est une véritable chance et une grâce que de pouvoir accueillir ces personnes aux besoins spécifiques. Cela permet de très beaux moments de partage et de sensibilité. De plus, cela permet de travailler sur l’écoute de l’autre et il y a une réelle bienveillance dans tout cela. »

François, directeur du centre qui accueille Pauline  nous explique que c’est très positif pour les jeunes de voir que tout le monde est accueilli quel que soit sa différence. Cela est d’autant plus vrai que les ados ont été marqués par ce qu’ils ont vécu à Lourdes lors de leur dernier camp.

La possibilité offerte aux plus grands d’être animateur.

L’accueil d’animateurs en situation de handicap est toujours possible dans la mesure où le handicap ne met pas les enfants en danger. Les animations ou l’encadrement que le jeune assure doivent être adaptés à ses capacités et à ses compétences.

Jean*, porteur de trisomie 21, a été un « animé »  au sein d’une association pendant de longues années. Maintenant il est animateur dans les  différents camps organisés par l’association. Il a su être accueilli, entouré, et la directrice lui confie des missions adaptées à ses capacités et à ses compétences (responsable en binôme d’une chambre de jeunes, responsable du « foyer » c’est-à-dire le lieu de vie du groupe ou en charge avec un binôme de la veillée « danse »). Ces camps sont pour lui des moments très importants dans  l’année car ils sont  des points de repère.
Un autre animateur, autiste, très appliqué et très impliqué prend en charge un petit groupe d’enfants dans la vie quotidienne. Il est également en charge du groupe de louange : il prend ses responsabilités à cœur.

L’accompagnement régulier par l’équipe d’animation leur permettent ainsi de progresser et de participer à la vie collective : l’objectif est de leur  confier, comme d’ailleurs à tout animateur, une responsabilité qu’ils peuvent assumer.

L’inclusion de personnes différentes est  bénéfique pour tous les jeunes, en 1er lieu pour les jeunes handicapés  à qui cela permet une ouverture aux autres et  pour les enfants des accueils  qui découvrent la différence.  Elle est aussi une note positive pour les parents qui vivent en permanence une exclusion, des échecs, alors pouvoir intégrer son enfant dans une structure collective normale est une chance pour toute une famille.

Accueillir des enfants ou des jeunes différents est « lumineux » pour tout le monde, nous confie une directrice d’accueil de loisirs et cela transforme notre regard.

*les prénoms des enfants et jeunes ont été changés dans un souci de discrétion

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