Soirée animée par Samuel Pruvot, rédacteur en chef de Famille Chrétienne Intervention de Marc Guidoni, président de l’association APIS en Provence Conclusion du père Olivier Teilhard de Chardin
Article de Samuel Pruvot
Quelle place pour les parents « dans » les centres de loisirs ? s’interroge la FACEL. La tentation est toujours de les mettre "dehors" prévient Marc Guidoni. Alors qu’ils devraient rester au "centre".
Parents, enfants, professionnels de l’animation... Pour équilibrer ce trio (parfois) infernal, le plus simple est d’éliminer un élément. Les parents par exemple. Marc Guidoni, président de l’APIS dans les quartiers sud de Marseille, connaît le refrain. Les parents risquent de « perturber la construction pédagogique ». Pire, de ne « pas jouer le jeu ». Sans oublier que les parents sont les premiers à se disqualifier eux-mêmes. Les uns abandonnent leurs petits comme des paquets à la poste. « Dites-moi juste à quelle heure les reprendre ». Les autres estiment que les éducateurs sont incapables de faire aussi bien qu’eux.
L’histoire de l’APIS est celle d’un cercle vertueux où les parents trouvent (à peu près) leur place. Au départ, rien n’est gagné puisqu’il s’agit de « primo arrivants ». Barrière de la langue, barrière de la culture, etc. Les raisons pour lesquelles les parents « déposent » leurs enfants ne sont pas très romantiques. Plutôt basiques. Marc Guidoni regarde sa liste : « nécessité d’aller travailler au loin, besoin de sécurité en milieu hostile, garde bon marché » etc. Tout ça pour dire que « l’expertise des éducateurs » arrive en dernière position. Désespérant non ? Marc Guidoni ignore le découragement. Sinon il aurait déjà changé de métier.
Il existe donc une « expertise » des éducateurs. Evidemment. Sauf que cette expertise peut devenir une fausse religion. Une forme d’idolâtrie. Les éducateurs, dans leur zèle, ont vite fait de vouloir « éduquer les parents ». Ceux qui ne jouent pas le jeu des spectacles et des programmes spéciaux destinés à élever leur progéniture.
La tentation de l’éducateur est de se faire plaisir. Ah le beau projet pédagogique ! Oh, la belle construction ! L’enfant est au centre. Il porte le bel édifice, une tour Eiffel qui écrase ses petites épaules. Quant aux parents, disparus, évaporés. Oubliés. Formé au contact de la pastorale de la jeunesse – un fana des JMJ – Marc Guidoni s’y connaît en pédagogie. A quoi bon ces projets mirifiques où les parents sont absents ? Plus l’enjeu est profond, plus ils doivent prendre le relais. « Ce sont eux les premiers éducateurs des enfants » rappelle Marc Guidoni.
Dans une société où les parents ont du mal à être eux-mêmes, ce n’est pas un service à rendre aux enfants que de marginaliser papa et maman un peu plus. Dans l’Evangile, on nous demande de chercher d’abord le Royaume. Mais il arrive un tas de choses par surcroît. Qui cherche le bien des enfants ne peut faire l’économie des parents. Ceux qui sont convaincus du contraire sont les régimes totalitaires. Mais ceci est une autre histoire.


