Le thème, traité de façon concrète comme le veulent les AEB, était :
L’engagement gratuit :
Pourquoi le proposer ?
Comment le gérer ?
1/ Les témoignages de représentants de l’Ordre de Malte, de la Croix-Rouge ou de la Fondation Lejeune, salariés ou bénévoles, ont permis de rappeler quelques points fondamentaux :
Etre bénévole dans une association, c’est s’engager personnellement dans des groupes organisés :
- c’est important de se retrouver en équipe,
- l’appartenance à une structure permet de se professionnaliser : il y a des règles à appliquer, et moins d’affect.
On reçoit plus que l’on ne donne en se rendant utile et en donnant du temps.
Les motivations de départ ne sont pas toujours bonnes : on se fait plaisir en étant bénévole… puis un jour, on comprend qu’en fait on reçoit un privilège en apprenant à ne pas vivre que pour soi.
Il faut bien choisir son engagement en fonction de son charisme.
Il ne faut pas hésiter à changer d’activité, ou à faire une pause si nécessaire.
Attention à ne pas trop s’attacher et à devenir indispensable : on fait alors plus de mal que de bien.
Sans bénévole, l’association ne tiendrait pas : les salariés doivent le reconnaître et leur consacrer du temps.
Il n’y a pas de hiérarchie dans les bénévolats : quelqu’un qui trie du courrier est aussi nécessaire que d’autres à la bonne marche de l’association.
2/ Véronique Huet, responsable de la Pastorale du collège Saint Michel de Picpus, a expliqué pourquoi elle a monté le Programme d’Action Solidarité pour les élèves de Première :
Chaque élève est appelé à mettre ses talents au service de…
Chacun choisit parmi de nombreuses propositions ce qu’il va faire pour les autres, pendant un week-end… ou un an.
Il va apprendre ainsi :
- que donner fait grandir,
- que la charité se vit… c’est l’Amour en acte,
- qu’il est important de se connaître pour choisir selon ses charismes et bien faire ce qui sera demandé.
C’est un chemin de spiritualité, même et surtout pour ceux qui ne sont pas croyants.
3/ Le témoignage d’un animateur bénévole et d’une directrice ont permis de préciser à quel point les associations qui accueillent ces jeunes ont un rôle primordial.
Elles peuvent, par leur accueil et leur exigence, transformer les mauvaises raisons de l’engagement en bonnes raisons.
Elles apprennent aux jeunes à surmonter la difficulté de la régularité de l’engagement dans le temps.
Elles les aident à découvrir leurs talents.
Les jeunes bénévoles peuvent eux-mêmes susciter l’engagement d’autres jeunes, notamment à l’occasion de camps.
Plus on encadre, accueille, suit ces jeunes bénévoles, plus l’engagement « obligatoire » peut se transformer ensuite en engagement personnel et volontaire.
Cela demande beaucoup de disponibilité pour l’encadrant :
- il faut être attentif à ne pas surcharger, donc finir par démotiver le jeune bénévole,
- il faut accueillir à chaque fois, faire des entretiens réguliers.
Le responsable d’association n’a pas toujours les temps suffisant pour accompagner et valoriser les bénévoles. Il a parfois besoin d’être aidé pour cela… Pourquoi ne pas demander à des parents ou des enseignants d’être tuteurs de ces jeunes ? Pourquoi ne pas demander à un aumônier de les accompagner sur le plan spirituel ?
Conclusion par le père Jean-Luc Papet, religieux de Saint Vincent de Paul, Président du Groupe Amical Sportif de Clignancourt / GASC
Dans tout ce qui a été dit durant cet AEB, il est apparu clairement que dans toute association, le bénévole tient une place centrale. Dans nos centres éducatifs par le loisir, on peut même dire que le premier « éduqué » est l’animateur bénévole lui-même. Au cœur de l’action éducative, l’animateur bénévole reçoit davantage que le « jeune du patro ». Il demandera de la part de la Direction une attention de tous les instants.
Pour susciter de futurs animateurs bénévoles, il faut travailler à repérer, motiver et préparer les plus jeunes du patro qui un jour prendront la relève dans l’équipe d’animation.
Cela suppose de la part de la direction et de l’encadrement, un regard attentif sur les jeunes qui grandissent au patro, un regard d’espérance et de bienveillance. Un enfant ou un jeune qui se sent regardé ainsi, qui sent que l’on croit en lui, qu’on le croit capable, développera plus facilement ses talents de futur animateur bénévole donnant avec joie de son temps et son énergie pour les autres.
Il faut en même temps garder un climat d’humilité et ne pas oublier qu’on est là pour servir.
La difficulté est de veiller sans cesse à ce que chaque bénévole trouve sa place dans l’organisation du centre éducatif et qu’on lui donne le service qui lui convient, en lui donnant les moyens d’accomplir sa mission.
Un des moyens de bien connaître chaque bénévole, ses qualités, ses défauts, son caractère : faites jouer ensemble vos bénévoles !
Un regard attentif d’éducateur permet de découvrir lors des jeux ceux qui ont l’esprit d’équipe, d’abnégation, de courage, de stratégie, de prise de responsabilité, de meneur, de fair-play, ou l’inverse…
Il est apparu que la logique « capitaliste » d’aujourd’hui pouvait créer de vraies difficultés à nos animateurs bénévoles quant à leur famille, le monde du travail ou leurs amis, qui ne comprennent pas ce temps donné gratuitement.
Parfois, il peut être bon, pour atténuer la pression sociale d’envisager une petite compensation financière, tout en gardant l’esprit du bénévolat.
Plusieurs intervenants connaissant le monde des RH ont noté pourtant qu’un CV mentionnant à la fin dans la rubrique « loisirs » : animateurs bénévoles en centre de loisirs, devenait bien souvent prioritaire…
Chaque animateur bénévole doit se sentir bien encadré :
- Cela suppose de bien préciser ce qu’on attend de lui et il peut être important d’établir une charte de l’animateur bénévole qui servira de référence pour lui permettre de comprendre sa mission et de faire le point régulièrement avec lui.
- Le don de soi n’est pas toujours simple à vivre, même si tous se sentent capables de se donner pour aimer. Celui qui s’engage dans le bénévolat peut ressentir le besoin d’un soutien spirituel pour boire à la source qui est le Christ. Il peut être important de proposer des temps et des lieux de ressourcement spirituel pour nos bénévoles. La présence d’un aumônier peut permettre aux animateurs bénévoles de se confier, de poser leurs questions existentielles, de relire avec Dieu leur action d’éducation par l’animation. Notons que, chez les Religieux de Saint Vincent de Paul, l’aumônier du patro passe la plupart de son temps avec les animateurs bénévoles en essayant de les voir régulièrement et d’être toujours disponible pour eux.
Chaque animateur bénévole doit pouvoir évoluer :
- Nécessité d’une formation technique à l’animation accompagnée d’un coaching individuel.
- Attention aux « anciens » animateurs très compétents, mais croyant tout savoir, qui laisseraient peu de place aux jeunes animateurs ou, pire, qui auraient tendance à les exclure petit à petit devant leurs limites réelles et leur animation imparfaite. Cultiver un climat de famille et d’humilité qui permettra de gérer les conflits et d’éviter des rivalités de caractères ou d’influence.
- Il peut être bon de proposer à un « ancien » animateur d’envisager une autre activité de bénévolat pour ne pas l’empêcher d’évoluer et de passer à autre chose pour son bien… Même s’il peut nous sembler dure de demander à un pilier de faire du bien ailleurs que chez nous…
- L’animateur fait partie d’une équipe. C’est ensemble que nous grandissons et que nous faisons grandir. C’est ensemble que nous donnons et que nous recevons. Nos associations sont souvent perçues comme une deuxième maison, une deuxième famille. Beaucoup de parents comptent sur nous pour les aider dans l’éducation de leurs enfants et spécialement de leurs grands adolescents que sont nos jeunes animateurs bénévoles.
En guise de Conclusion
Prenons conscience que nos animateurs bénévoles reçoivent énormément et retirent des fruits considérables de ce temps consacré à l’éducation des jeunes qui leur sont confiés. En effet, ce ne sont pas seulement les enfants et les jeunes qui bénéficient de l’action d’éducation et d’évangélisation de nos Associations. L’animateur bénévole y apprend à développer ses talents, à prendre des responsabilités, à travailler en équipe, à donner sans compter, ainsi à devenir un jour parent et enfin à s’investir dans le monde social, associatif, culturel et politique, trouvant sa mission dans ce monde, y découvrant sa vocation.


