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AEB 2 : Comment identifier et gérer le risque d’addictions ?

Le deuxième AEB, Atelier Éducatif des Bernardins, s’est déroulé avec succès le 28 novembre 2009 à la Maison Alésia Jeunes, grâce aux intervenants (le docteur Emmanuelle Peyret, médecin à l’hôpital Robert Debré, le frère Ambroise, de Saint Jean Espérance, maison d’accueil pour toxicomanes et le père de Parcevaux, vice-président de la Luciole, association familiale de lutte contre la toxicomanie ainsi que Jocelyne Nachbauer, directrice de la Maison Alésia Jeunes et le père Fazilleau, aumônier du patronage Notre-Dame du Lys) et à la participation active d’animateurs et de responsables d’associations.

Dans le prolongement du colloque sur les Jeunes et les addictions organisé au collège des Bernardins en mai 2009, les AEB ont poursuivi la réflexion dans l’esprit d’échanges d’expériences et de valorisation pratique qui les caractérise.

Comment identifier et gérer le risque d’addictions ?

1/ Qu’est-ce qu’une addiction ?

Etymologiquement, addiction signifie « appartenance »en terme d’esclavage (au Moyen-Age, un débiteur qui ne pouvait payer donnait du temps de travail, donc son corps en gage, à son créancier)

L’addiction, c’est ne pas pouvoir contrer un comportement répétitif que l’on sait nocif pour soi

Il s’agit donc :
- d’un comportement à risque
- dont on a conscience
- qu’on ne peut contrôler
- dans lequel on trouve du plaisir

L’addiction, c’est aussi la rencontre entre un individu et un produit dans un environnement particulier

2/ Les facteurs de vulnérabilité

L’addiction est un moyen de fuir une souffrance provenant :

a) de la société

Les jeunes font peur ; notre société ne les aime pas. Ils sont souvent en souffrance psychique et se détruisent.

b) de la famille
- Un parcours traumatique (violence, alcoolisme des parents…)
- Des facteurs familiaux, souvent l’absence (physique ou non) du père ou un sentiment de « non éducation »
- Une vulnérabilité interne : psychopathologie, hyperactivité, troubles du comportement

3/ Comment repérer un début d’addiction ?

Il faut être attentif et vigilant dès qu’il y a changement de comportement d’un jeune, et observer des signes éventuels : - Isolement - Tristesse - Fatigue - Changement dans la motivation - Echec scolaire - Arrêt des activités sportives

4/ Quoi faire s’il y a suspicion d’addiction ?

Un éducateur ou animateur doit rester à sa juste place : il doit en parler aux parents et accompagner leur décision.

5/ Comment prévenir ou lutter contre les addictions ?

a) En prévention d’une addiction, importance :
- du père :

  • Aider à conforter le lien avec le père
  • Place importante de toute figure paternelle dans l’accueil de loisirs

- des pairs

  • Il est fondamental pour les jeunes d’évoluer dans un groupe et d’avoir des plus âgés qui s’occupent d’eux

- de l’ennui

  • Il permet « d’entendre le bruit qu’on a dans sa tête », il permet l’intériorité (lors d’une hospitalisation pour addiction, les jeunes sont coupés de leur famille, de leurs amis, de leur téléphone…)

- de la confiance que l’on fait au jeune

Les accueils de loisirs sont donc des lieux privilégiés pour aider un jeune à se structurer, en lui donnant les moyens de participer à des activités collectives et conviviales, en le responsabilisant, en favorisant l’écoute et le dialogue.

Deux exemples d’ateliers montés à Alésia Jeunes, pour répondre aux besoins et demandes de jeunes :

- Un atelier rock : apprendre à danser pour s’intégrer et s’amuser dans les soirées et ainsi éviter de rester au bar…

- Un atelier couture, pour créer ses propres vêtements et se sentir ainsi plus à l’aise parmi les jeunes de son âge, et un défilé de mode en fin d’année pour apprendre à respecter et aimer son corps

b) Pour sortir un jeune de l’addiction, il faut s’engager à ses côtés pour lui proposer mieux que le plaisir de l’addiction

C’est un engagement personnalisé et exigeant qui demande de maintenir le lien avec le jeune, de l’écouter et de mettre ensuite en place des actions positives pour lui

Conclusion

Nous sommes animateurs, donc éducateurs

Nous avons à considérer l’enfant dans sa globalité

Nous aidons les enfants à se socialiser, à croître en famille et dans le groupe

Face aux dangers potentiels de l’ordinateur (cyber addiction, jeux vidéos violents…), ne diabolisons pas, mais apprenons à bien utiliser. Culpabiliser ne fait pas grandir.

L’objectif, pour chaque adolescent, est de devenir non indépendant (car on est toujours dépendant …d’un travail, de la famille…), mais autonome.

A travers les activités proposées en accueil de loisirs, évitons la fuite qui fait oublier ou sortir du réel. Le rôle d’un éducateur est de permettre d’assumer le réel. Le Christ incarné vient habiter le réel.

Un éducateur chrétien a la mission d’éduquer à l’intériorité pour retrouver le sens du réel et vivre pleinement sa vie.

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